Doit-on simplement trouver sa passion ou faut-il la développer ?

Depuis toujours, on nous dit de « poursuivre nos passions », mais que cela veut-il vraiment dire ? Si vous êtes actuellement en train de poursuivre ou même de vivre de votre passion, sachez que vous avez de la chance ! Car beaucoup d’entre nous recherchent encore cet intérêt profond qui suscite tant d’excitation, de motivation et d’inspiration, si bien que son exécution devient une partie de plaisir. Mais dites-moi, est-ce que ce type d’intérêt existe vraiment ? Ou faut-il juste se contenter de cultiver de l’intérêt pour divers thèmes, afin d’éviter de tomber dans la frustration de l’inconnu ? Si vous vous posez ces questions, ou si vous êtes à la recherche de vos propres passions, il faut savoir que vous n’êtes pas le seul ! « Trouver sa passion » est en effet l’un des sujets les plus fréquemment recherchés par les internautes sur Google !
Cet article vous donnera peut-être des éléments de réponses…

 

L’analogie avec l’amour

 

Pour mieux comprendre la différence entre les concepts de passions cultivées et celui de passions inhérentes, prenons l’exemple des relations amoureuses. Dans une étude effectuée en 2013 par Knee et Petty, les résultats ont montré que les participants étaient divisés en deux catégories : ceux qui pensent que l’amour est le fruit du destin seront plus enclins à rechercher l’âme sœur mais renonceront plus facilement à la relation en cas de difficultés, pensant alors que la personne n’est pas « la bonne ». Au contraire, ceux qui croient que l’amour doit être cultivé avec le temps résisteront face aux difficultés et auront plus de motivation à résoudre les problèmes de leur couple.
De même, une personne qui croit que les passions sont inhérentes sera encline à penser que ces dernières sommeillent en nous, prêtes à être découvertes. Les difficultés rencontrées dans ce cas seront considérées comme un signe que cette passion n’est pas « la bonne ».

 

Nos prénotions influencent-elles notre capacité à découvrir de nouveaux intérêts ?

 

Il est légitime d’essayer de savoir si notre ouverture d’esprit et nos prénotions influencent notre capacité à se laisser tenter par de nouveaux centres d’intérêts. Pour vérifier cela, un groupe de chercheurs des universités de Yale, Stanford et de Singapour a réalisé une étude appliquée sur des étudiants, considérés comme étant dans une phase de découverte de leurs passions.
Les chercheurs ont commencé par demander aux participants de choisir entre deux centres d’intérêts bien distincts : l’art d’un coté et les technologies de l’autre. Puis, on leur a demandé d’auto-évaluer leurs croyances sur la passion (cultivée ou inhérente) ; enfin, on leur a présenté deux articles concernant les thèmes susmentionnés.
Les résultats de cette recherche ont montré que les participants qui croyaient le plus que les passions étaient inhérentes étaient les moins enclins à montrer de l’intérêt pour l’article qui ne présentait pas d’intérêt préexistant pour eux. Par contre, ceux qui pensaient que les passions devaient être cultivées ont réussi à montrer de l’intérêt pour l’article dont le thème ne faisait pourtant pas parti d’un domaine qu’ils considéraient comme étant intéressant.
Cette étude est extrêmement édifiante et met l’accent sur l’influence de nos pensées sur notre capacité à se découvrir de nouveaux centres d’intérêts. Dans ce cas, ne serait-ce pas utile de changer d’avis concernant les passions pour mieux les développer ?

 

 

Nos attentes en matière de motivation

 

L’autre point intéressant de cette recherche concerne la manière dont les deux théories d’intérêt affectent nos attentes en matière de motivation.
En effet, les chercheurs ont découvert lors d’une autre série de tests que dans le cas où les gens pensent que les centres d’intérêts puissants, assimilables aux passions, sont inhérents et naissent en nous d’une manière totalement élaborée et prédéfinie, ils peuvent supposer que ces intérêts seront accompagnés d’une motivation illimitée, les rendant faciles à poursuivre et à accomplir. Quand cette attente ne se réalise pas, la personne ne montre plus d’attachement vis-à-vis de l’intérêt, comme si cette dernière concluait que le sujet choisi n’était pas une « véritable » passion après tout.
Cependant, dans le cas où les passions sont cultivées, le processus de développement peut contenir plus de défis mais, dans ce cas, les gens manifestent plus d’intérêt dans de nouveaux domaines et anticipent le fait que leur quête va parfois être difficile, ce qui les mène à s’y préparer mentalement.

 

Que doit-en en déduire ?

 

Pour pouvoir mieux illustrer nos propos, prenons un exemple. Deux étudiants universitaires ont un cours de mathématiques appliquées. Tous deux n’ont jamais eu ce cours auparavant et le trouvent assez difficile. Néanmoins, ils doivent avoir de bons résultats pour obtenir leur diplôme. Le premier est de nature à penser que les mathématiques ne représentent pas son point fort, mais il est prêt à essayer de comprendre, en utilisant des outils externes, en regardant des vidéos sur YouTube ou en demandant de l’aide à ses amis. Le second croit que les mathématiques, ce n’est juste pas son truc, et décide simplement de ne pas se concentrer sur le sujet et de travailler sur ce qu’il aime le plus : les sciences sociales. Résultat ? Le premier réussit son examen difficilement, mais le réussit quand même ; le second n’a pas fourni d’efforts et échoue naturellement à son examen.
Donc, au départ, les deux étudiants n’aimaient pas les mathématiques mais le premier, qui était ouvert à explorer de nouveaux sujets, a réussi à trouver un moyen et une motivation pour surmonter ses difficultés. Le second s’est cantonné à ce qu’il pensait savoir faire et a donc échoué.
Ceci suggère que le développement d’intérêts peut considérablement varier en fonction de la perception implicite d’une personne concernant les passions. Croire que les intérêts sont inhérents peut empêcher une personne d’initier le processus de développement pour de nouveaux sujets. Il est également important de noter que les deux théories d’intérêt peuvent façonner le degré de motivation intrinsèque d’une personne.
Pour résumer, ne vous inquiétez pas trop de savoir si vous êtes naturellement talentueux ! Ne cédez pas à la pression de « trouver votre passion »… Efforcez vous plutôt de développer de l’intérêt pour plusieurs secteurs différents, sans avoir trop de préjugés, afin de mettre toutes les chances de votre côté pour mener une vie passionnante et passionnée !

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